Le Sphinx de Gizeh. Ancienne empire de l'Egypte pharaonique.

RAS-LE-BOL: Manifestation anti-Française à Douala

DOUALA - 30 SEPT. 2005 © La Nouvelle Expression

Quelques dizaines de personnes ont envahi la rue [LE 29 Septembre 2005] à Douala, pour dénoncer la “mauvaise politique” de la France et ses conséquences sur les Africains. "Non à la politique française au Cameroun", "La France veut tuer l’économie camerounaise. Nous voulons pour preuve, la récente affaire Camair”. “Nous disons “Non !“. “Les Camerounais en ont marre des Français"

Ces messages qu’on pouvait lire sur les pancartes sont suffisamment expressifs de l’ambiance pour le moins surchauffée qui a prévalu pendant une trentaine de minutes ce jeudi dans la métropole économique camerounaise.

En cette fin de matinée, les commerçants et autres usagers du très couru boulevard Ahmadou Ahidjo, en plein centre commercial Akwa, ne s’attendaient certainement pas à vivre un tel spectacle. D’autant qu’a priori, rien ne présageait de l’organisation des marches, fussent-elles, pour dénoncer “la politique française au Cameroun“. Même pas l’imbroglio né de l’interdiction du survol de l’espace aérien français aux avions de la compagnie nationale par les autorités aéronautiques françaises, ni la menace de rapatriement, dans les prochaines semaines, qui plane sur quelque cinq cent Camerounais vivant en France, encore moins, le parcours du combattant qui conduit à l’obtention d’un visa français pour les Camerounais.

C’est donc naturellement qu’entre l’étonnement des uns et ”le soutien spontané et inconditionnel” des autres, les manifestants ont eu le temps de passer leur message avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Cette police qui dit n’avoir procédé à aucune arrestation, encore moins à une interpellation.

Position que n’infirment d’ailleurs pas les manifestants. Entre autres griefs formulés à l’endroit des autorités françaises, "la non facilitation de l’obtention du visa français par les Camerounais, le rapatriement sauvage des Africains vivant en France sous prétexte qu’ils n’ont pas des papiers, l’exploitation abusive des richesses naturelles du pays"…

Mauvaise politique.

Les manifestants qui semblent bénéficier de ”la sympathie” de certaines personnalités disent ne pas appartenir à une association, encore moins à une formation politique. Tout au plus, ils se reconnaissent être "les Camerounais comme toi et moi qui, de manière pacifique et responsable, ont voulu exprimer leur ras-le-bol pour dire non à la mauvaise politique de la France au Cameroun“. C’est la raison pour laquelle, soutiennent-ils, ”les gens se sont joints spontanément à nous lorsqu’ils ont compris que c’était une question de vie ou de mort pour leur pays". Pourtant, clament les manifestants, ils sont nombreux, les Français qui vivent en Afrique et au Cameroun dans des conditions irrégulières sans qu’ils soient inquiétés”.

Visiblement exaspérés, ceux-ci ont tenu à rappeler à "la France qu’elle n’est rien sans l’Afrique“. Cette France qui a ”fait main basse sur les immenses richesses pétrolières, forestières et minières du continent", après avoir “exter-miné” les nationalistes.

S’inscrivant en faux contre ceux qui les traitent de racistes, les manifestants soutiennent que, cette marche anti-française n’a rien de xénophobe ou de raciste contre le peuple français. Encore que beaucoup de citoyens français dénoncent régulièrement la mauvaise politique de leurs autorités en Afrique. Il s’agit, pour les manifestants, de dénoncer les dirigeants français et leurs sup-pôts camerounais pour leur mau-vaise politique qui n’a eu de cesse d’appauvrir la population.

A. MBOG PIBASSO

Réaction, ANICET EKANÈ: “Nous soutenons les manifestants”

Le président du Mouvement africain pour la nouvelle démocratie (Manidem), arrivé peu avant que la police ne disperse la foule, dit comprendre la motivation des manifestations.

“Je soutiens entièrement cette marche dans la mesure où nous avons tout récemment éventré un complot français contre la Camair, en plus du fait que la France, à travers Nicolas Sarkozy son ministre de l’intérieur, continue à mener une politique raciale contre les Camerounais et tous les Africains en général. Notre écono-mie a été pillée et continue d'être pillée à travers des privatisations Inutiles au profit de la France, chose qui concourt au sentiment anti-français de plus en plus grandissant. En tout cas, Je peux vous assurer que c’est un mouvement populaire qui n’était pas une initiative politique, encore moins du Manidem. Autrement, il y aurait eu des pancartes du Manidem. Cette marche était l’expression d’un ras-le-bol populaire, la France ayant des compte.. à régler avec le Cameroun. D’ailleurs, la France a Intérêt à faire attention, ce qui s’est passé en Côte-d'Ivoire est de nature à susciter la réprobation des Camerounais. La France n’aura alors qu’à s’en prendre à elle-même si ces manifestations venaient à se multiplier. Et, elles vont certainement se multiplier".

Frank Ndoumbé Diwouta

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