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Meeting contre le "rôle positif" de la colonisation en Guadeloupe : près d'un millier de manifestants dans les rues de Fort-de-France
PAR FREE FOWLER
Meeting contre le "rôle positif" de la colonisation en Guadeloupe
Environ 300 personnes ont assisté mercredi soir à Pointe-à-Pitre à un meeting, maintenu par les organisateurs malgré son annulation, contre la venue aux Antilles de Nicolas Sarkozy et pour l'abrogation de la loi de février 2005, a constaté l'AFP.
S'adressant, sous une banderole "Non à Sarkozy", à un public constitué de militants politiques et responsables syndicaux, les représentants des treize organisations syndicales et politiques organisatrices du meeting s'en sont pris à la loi de février dernier sur le "rôle positif" de la colonisation.
Tous ont rappelé que l'esclavage n'avait été définitivement aboli en Guadeloupe qu'en 1848 et souligné que Napoléon l'avait rétabli, "par les armes", en 1802 après une première abolition décrétée en 1794.
"Avec cette loi, c'est comme si on avait baptisé une rue +Rue des bienfaits de l'occupation allemande pendant la guerre+" a affirmé un représentant de Guadeloupe unie-Socialisme et réalités (GUSR), le mouvement divers-gauche dont est issu le président du Conseil général, Jacques Gillot, sénateur (app. PS).
Ce mouvement, comme plusieurs autres organisations de gauche dont des représentants se sont exprimés, ne figurait pas initialement parmi les organisateurs du meeting. Ils avaient décidé de le maintenir malgré l'annulation de la venue aux Antilles du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP.
Les trois principales centrales syndicales locales, UGTG, CGT-G et CTU (ex-CFDT), des syndicats catégoriels, des associations militantes et des partis et mouvements politiques (PC guadeloupéen, Verts-Guadeloupe, Combat ouvrier et UPLG) avaient pris l'initiative de ce meeting, qui devait constituer leur première manifestation unitaire contre la visite de M. Sarkozy en Guadeloupe.
© 2005 AFP
Près d'un millier de manifestants dans les rues de Fort-de-France
Près d'un millier de personnes ont manifesté mercredi en fin d'après-midi dans les rues de Fort-de-France (Martinique) pour demander l'abrogation d'une disposition de la loi sur les rapatriés relative au "rôle positif" de la colonisation.
A l'appel du "collectif martiniquais pour l'abrogation de la loi de la honte" et d'une trentaine d'organisations, les manifestants ont défilé en lançant des slogans en français et en créole comme "à bas la loi de la honte" ou encore "kolonisasyon pa bon".
Dans le cortège composé d'élus, parmi lesquels les députés de Martinique Alfred Marie-Jeanne et Philippe Edmond-Mariette, le maire de Fort-de-France Serge Letchimy, de syndicalistes, d'enseignants et de lycéens notamment, on pouvait lire sur des banderoles "Colonisation = crime contre l'humanité" ou "non à l'Histoire arrangée", entre autres inscriptions.
"Il y a longtemps qu'on avait pas eu une telle manifestation à Fort-de-France, a estimé Francis Carole, un des porte parole des manifestants. Réagissant aux propos de Nicolas Sarkozy, mercredi soir, sur France 3 sur la "repentance permanente qui touche aux confins du ridicule", il a estimé qu'il s'agissait d'une "nouvelle provocation".
"Peu importe que nous soyons 100 ou 1000, a déclaré pour sa part le député Philippe Edmond-Mariette, il était important de montrer à nos populations que la conscience antillaise est éveillée et qu'il convient de faire abroger la disposition controversée de la loi du 23 février 2005".
Enfin le maire Fort-de-France a qualifié la mobilisation de "digne et respectueuse".
© 2005 AFP.
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