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Afrique de l'Ouest
Afrique de l'Ouest : les femmes contrôlent la filière du vin de palme
AFP - 9 janvier 2004
Doux et sucré dès qu'il est recueilli dans des bouteilles accrochées au tronc des palmiers, alcoolisé quand il fermente, le vin de palme, dont la saison bat son plein en Guinée-Bissau, représente une filière plutôt juteuse.
"Le vin des pauvres", comme on l'appelle souvent, symbolise même le dynamisme des échanges entre la Guinée-Bissau, le Sénégal et la Gambie, le centre névralgique de la filière étant la petite ville bissau-guinéenne de Sao Domingos, à 25 km de Ziguinchor, principale ville de Casamance (sud du Sénégal).
Durant toute la saison, qui s'étale de novembre à mars, 20 à 25.000 litres de vin de palme y sont collectés chaque jour, en moyenne, selon Papa Da Silva, un agent du service local des eaux et forêts.
"D'autres voies détournées permettent aux commerçantes et aux récoltants d'échapper à notre contrôle", déclare l'agent forestier. Selon lui, quelque 30.000 litres franchiraient quotidiennement la frontière sénégalaise.
Le commerce du vin est surtout pratiqué par des femmes, qui organisent son transport dans des bidons de 20 litres ou des fûts de 200 litres, à raison de plusieurs dizaines par commerçante et par jour.
Les fûts sont convoyés dans un premier temps à Ziguinchor par des femmes qui les revendent à d'autres venant de Gambie ou de Dakar et d'autres villes sénégalaises.
Le litre se négocie à 25 F.CFA (0,04 euro) au producteur et se vend jusqu'à dix fois plus cher dans les centres urbains comme Dakar.
"Notre problème, depuis le naufrage du Joola, c'est le transport", déclare Quinta Ndecky, commerçante.
Le Joola, ferry qui assurait la liaison entre Ziguinchor et Dakar, a fait naufrage le 26 septembre 2002 au large de la Gambie, faisant plus de 1.800 morts. A ce jour, le navire n'a pas encore été remplacé.
La commerçante se plaint aussi de ce qu'elle qualifie de "racket" opéré par certains agents du service des eaux et forêts, chargés de contrôler la filière.
Pour établir un certificat de circulation, ces agents collectent une taxe de 500 à 1.000 F.CFA (0,75 à 1,5 euro) par bidon de 20 litres et délivrent une licence en contrepartie.
Mais le document n'est pas toujours reconnu en passant d'un pays à l'autre et les commerçantes doivent parfois payer plusieurs fois pour obtenir cette autorisation.
En Gambie, les récoltants sont organisés en groupements d'intérêt économique ou en coopératives.
"La petite taille de notre pays et l'exploitation anarchique du palmier, utilisé dans la construction, ont obligé le gouvernement à prendre des mesures pour discipliner la filière", explique le responsable d'une de ces coopératives, Malang Mendes.
Ainsi, chaque récoltant gambien doit maintenant acheter une patente, représentant une taxe de l'ordre de 4,5 euros. Ces mesures ont limité le nombre d'exploitants en Gambie et provoqué une augmentation des importations de vin en provenance de la Casamance voisine ou de la Guinée-Bissau.
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