Le Sphinx de Gizeh. Ancienne empire de l'Egypte pharaonique.

La première voiture « made in Senegal » : un bilan positif.



Doc1. Senbus

janvier 2005 - par PASCAL AIRAULT

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Au service de la collectivité

Le défi est ambitieux et difficile à relever. Pour Senbus Industries, il s'agit, ni plus ni moins, de détrôner le constructeur japonais Toyota sur le marché ouest-africain des ventes de véhicules de transport en commun. Un peu plus d'un an après l'inauguration par le chef de l'État, Abdoulaye Wade, de la première usine de montage à Thiès, Senbus Industries a sorti de sa chaîne de production quelque 46 bus. Ses premiers clients sont les Industries chimiques du Sénégal, le Port autonome de Dakar et la Société industrielle du Cap-Vert (Sicap). Un résultat certes modeste, mais qui prouve qu'il est possible de se lancer dans l'industrialisation pour peu que l'on dispose d'un partenaire solide.

L'entreprise est le fruit d'une coopération réussie avec la firme indienne Tata, sixième producteur mondial de véhicules commerciaux, qui fournit le châssis et les roues. Les ouvriers de Senbus Industries montent la cabine et tout l'habitacle à partir d'éléments importés ou confectionnés sur place. Environ 30 % de la valeur ajoutée est réalisée dans l'usine d'assemblage de Thiès, mais, à terme, les responsables de la société souhaitent augmenter la part des travaux effectués in situ. « Des petites et moyennes entreprises pourront s'installer à proximité de notre usine pour nous fabriquer les vitres, les sièges et d'autres pièces », indique Biram Fall, directeur général de Senbus Industries.

La production devrait connaître un nouvel élan en janvier 2005, puisque la société a reçu une commande de 600 unités dans le cadre du Programme d'amélioration de la mobilité urbaine (Pamu) financé par la Banque mondiale. Cette initiative vise à améliorer la circulation dans l'agglomération de Dakar, notamment en renouvelant le parc de transports en commun existant, composé notamment de cars rapides. Sur les trois prochaines années, la capitale devrait remplacer quelque 3 000 d'entre eux. Au total, le Sénégal compte actuellement 9 000 autobus en service, pour la plupart en fin de course. Mais les responsables de Senbus Industries visent également le marché privé et sous-régional : « Nous sommes en discussion avec plusieurs entreprises publiques et privées au Mali, au Niger, en Mauritanie et en Gambie », précise Biram Fall. Avec un argument choc : le prix, beaucoup moins élevé que celui de la concurrence. Un bus de 32 places, payé 22 millions de F CFA dans le cadre du Pamu, coûte 26 millions aux transporteurs privés. Prochainement, la société devrait débuter l'assemblage de cars d'une capacité de 42 à 60 places. Une centaine d'employés ont déjà été recrutés et la production annuelle, à en croire les responsables, permettra d'assurer 200 emplois permanents pour l'usine et 500 pour les PME sous-traitantes.


Doc2. UNE BELLE ILLUSTRATION DE PARTENARIAT ET DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIE SUD-SUD.

SENBUS INDUSTRIES est le résultat d'un partenariat entre des investisseurs sénégalais regroupés dans la Société d'intervention financière (SIFI) qui a également engendré Elton dans la distribution de carburant et l'Etat du Sénégal. C'est aussi un exemple de coopération Sud-Sud. Car c'est en recourant à l'expertise indienne, que le Président Directeur Général Ousmane Diop et ses partenaires sont arrivés à concrétiser l'un des grands projets du chef de l'Etat nés des idées généreuses de l'alternance survenue au mois de mars 2000. Trois ans donc après que le Président Directeur Général Ousmane Diop avait fait le pari, les premiers véhicules made in Sénégal vont pouvoir être livrés alors que plusieurs centaines d'emplois vont être créés dans la capitale du rail qui a tant souffert de l'essoufflement du chemin de fer sénégalais. L'accueil réservé aux hôtes du président Wade par une liesse populaire venue répondre à l'appel du maire de la ville et Premier ministre Idrissa Seck, est à la dimension de cet événement qui marque une première en Afrique de l'Ouest. En effet, outre le fait qu'une telle usine de montage de véhicules de transport collectif n'existe qu'en Afrique du Sud, comme l'a rappelé le chef de l'Etat sénégalais, l'idée est d'en faire un projet sous-régional. Répondant dans le même sens, Monsieur Ousmane Diop a indiqué qu'après les premiers minibus destinés au marché local, la production répondra aux besoins du marché des transports urbains et interurbains de la sous-région, avec des autobus de plus grande capacité.

L'usine de montage des véhicules qui a nécessité un investissement global de 5 milliards de francs CFA est prévue pour une capacité de production de 1000 bus par an. Les ouvriers qui s'activent à la finition des premiers modèles seront au nombre de 250 dans un premier temps.

Installée dans des hangars cédés par la Société Nationale des Chemins de Fer du Sénégal (SNCFS), l'usine de Senbus Industries occupe environ 13 ha. Séparée par une clôture de la SNCFS, Senbus Industries ouvre son portail sur le quartier Médina Fall. C'est dans ce cadre adéquat que Moussa Faye, le directeur de la production et ses hommes travaillent d'arrache-pied pour donner forme aux bus tant attendus par les populations. Dans des ateliers, des ouvriers expérimentés dans leur domaine respectif bénéficient de l'expertise indienne et donnent déjà beaucoup de satisfaction. L'objectif déclaré étant de produire 600 à 1.000 bus par an dont les places seront au nombre de 32 dans un premier temps. Ce nombre de places peut, au besoin, être porté à 50. Il s'agit de travailler en étroite collaboration avec les professionnels du transport au Sénégal, et dans la sous-région. Pour y arriver, Senbus comptera sur 250 agents employés directement. Avec la prestation de services attendue des Petites et Moyennes Entreprises, environ 500 emplois indirects peuvent être générés par l'activité de Senbus. Une brèche dans laquelle des cheminots, ouvriers qualifiés, qui ont fait leur preuve à la SNCFS, pourraient s'engouffrer, s'ils sont libérés par le repreneur de la société. Côté investissement, des promoteurs sénégalais réunis dans la société d'intervention et de financement détiennent 93 % du capital et l'Etat du Sénégal les 7 %, le tout dans un partenariat fécond avec Tata, une grande firme internationale. Aujourd'hui, plus de 30 spécialistes indiens sont à Thiès pour partager avec le personnel de Senbus leur savoir-faire. C'est pourquoi, le premier magistrat de la ville de Thiès, Idrissa Seck et les Thiéssois, dans un élan de générosité sincère, ont réservé au Chef de l'Etat et à ses hôtes un accueil exceptionnel.

RETOMBEES LOCALES

Le site de l'usine de Thiès a, dans sa mise en place, permis à des entreprises sénégalaises d'offrir leurs services.

Cette option ira croissant avec le développement des activités de Senbus. Pour l'instant, l'usine utilise des kits complets importés d'Inde pour le montage des minibus.

Mais, avec la maîtrise progressive des processus, on va faire davantage appel à des sous-traitants locaux pour la fourniture d'éléments entrant dans le montage et pouvant être réalisés sur place. Une activité industrielle qui devrait être préservée à Thiès pour pallier la cessation des activités industrielles des ateliers de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCFS).

Par ailleurs, l'engagement d'investisseurs sénégalais dans ce projet pourrait avoir un effet d'entraînement positif pour le secteur du transport.

Car, un secteur du transport mieux régulé, plus professionnalisé poussera les assurances, les banques, etc, à s'impliquer davantage dans le secteur. Ce qui constituerait des sources de flux financiers assez intéressantes pour accélérer le développement du secteur du transport.

TRANSFERT DE TECHNOLOGIE


Des techniciens indiens expliquent un procédé de fabrication à des participants africains, dans un atelier éthiopien.

L'usine de Thiès constitue une belle illustration de partenariat et de transfert de technologie Sud-sud. Des Sénégalais bénéficieront de l'expertise avérée de la firme indienne dans la construction de véhicules. Tata a une notoriété internationale qui le place au sixième rang mondial dans son domaine d'activités. Il exporte dans 70 pays environ. Tata vient d'ailleurs de décrocher un contrat pour fournir 150.000 véhicules à la Grande-Bretagne. Dans la perspective d'assurer totalement le fonctionnement de l'usine dans les meilleurs délais, le personnel sénégalais subit une formation assurée par les techniciens indiens. Le pouvoir d'achat des transporteurs sénégalais a été pris en compte, les minibus seront à leur portée. Tout en assurant la sécurité, le confort, la résistance et la rentabilité de l'exploitation, un minibus Tata 613 flambant neuf et comprenant 30 places assises coûtera une vingtaine de millions de francs CFA.

Une belle occasion d'aider au renouvellement progressif du parc automobile de transport collectif et public, de veiller sur la sécurité des personnes et des biens en favorisant l'utilisation de véhicules neufs. Une opération qui, à terme, mettra hors circuit les véhicules âgés, cause de maladies respiratoires dans nos centres urbains.

Source : http://www.senegalindia.sn


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