



Cette exclusivité avec le Dr. Pandey, Kamit, Afro-centriste et vivant à Ottawa, vous sera présentée en trois parties dans notre rubrique langues et cultures Africaines.Il est membre de l'Association SURVIE France et membre de la Plate Forme Paradis Fiscaux et Judiciaires.Il s'intéresse également à la Tradition Bwitiste en tant que variante de la religion négro-égyptienne. Dans cette première partie de son entretien avec Camer.be, avant d'aborder les points sur la Médecine, l'éducation et la recherche scientifique, il nous entretiendra sur certains thèmes qui ne sont pas familiers pour de nombreux africain(e)s
Dr Pandey Théophile Tala, Bonjour! Merci de nous accorder cette interview. D'entrée de jeu pouvez-vous vous présenter ?
Je suis un Kamit vivant à Ottawa (Canada), originaire du Cameroun. Je suis Afro-centriste. Mes travaux portent sur la médecine de la période pharaonique ainsi que sur la réconciliation de la médecine dite "traditionnelle" (savoir endogène) et la médecine dite "moderne" (savoir exogène). Je suis médecin interniste, diabétologue et investigateur aux essais cliniques des médicaments. Je suis membre de l'Association SURVIE France et membre de la Plate Forme Paradis Fiscaux et Judiciaires. Je m'intéresse également à la Tradition Bwitiste en tant que variante de la religion négro-égyptienne ainsi que sur les principes actifs du Tabernanthe Iboga (Bois Sacré).
Pour nos lecteurs et nos lectrices qui ne le savent pas, qu'est-ce qu'un Afro-centriste et quelle est leur combat ?
Un Afro-centriste c’est toute personne qui mène le combat pour le triomphe de la Vérité Scientifique contre le romantisme historique et l’idéologie coloniale. Être Afro-centriste, c’est rectifier les errements du courant Euro-centriste et révisionniste; c’est poursuivre les travaux du suivant d’Horus Cheikh Anta Diop qui a oeuvré toute sa vie pour la diffusion des Humanités Classiques Africaines; c’est s’opposer avec des preuves scientifiques solides à la falsification, au plagiat et à la négation du génie créateur négro-égyptien.
Que signifie précisément Kamit ?
Le terme « Kamit » désigne l’appellation authentique par nos Ancêtres pour se désigner. Le terme « Africain » est une expression récente. Le mot "Kem" signifiant "Terre Noire" renvoyant à la couleur de la peau des habitants de Hwt Ka Ptah, on en arrive au mot "Kémèt"= "HWT KA PTAH" = "Égypte". Ainsi donc, les Égyptiens anciens se définissaient comme des "kémit" ou des "Kamit" c'est-à-dire des Noirs et non pas comme des habitants de la terre noire. De la même façon, on parle de l'Afrique Noire non pas pour désigner la terre noire mais pour désigner la couleur de la peau des habitants de l'Afrique au Sud du Sahara. Les Grecs ont traduit "HWT KA PTAH" en "Aigyptos" puis on arrive à l'appelation: "Égypte"
Vous vous intéressez à la tradition Bwitiste, de quoi s'agit-il précisément ?
La Tradition Bwitiste est une variante de la religion négro-égyptienne ayant résisté à l’oppression de l’impérialisme spirituel occidental. Elle est aujourd’hui pratiquée par plus de 90% de la population Gabonaise. Elle permet une « communication directe » avec le divin à travers les rites initiatiques. Elle permet d’être en harmonie avec soi-même, avec les autres, avec la nature car tout est Dieu, Dieu est tout. Cette religion a été longtemps combattue et dénoncée à tord par les colons. Elle est une continuité de la spiritualité de nos Ancêtres depuis la civilisation Mû en passant par l’Atlantide puis en Égypte ancienne jusqu’en Afrique noire contemporaine. Je rappelle que toutes les religions et pratiques spirituelles humaines trouvent leur origine et leur racine en Égypte ancienne où l’Expérience divine a trouvé sa pleine « réalisation ». Osiris étant le premier envoyé divin sur la Terre. La Trinité Kamite : Osiris-Horus-Isis (Le Père-Le Fils-La Mère) ayant inspiré la Trinité Chrétienne (Le Père-Le Fils-Le Saint Esprit). Culturellement, la pratique de la Tradition Bwitiste constitue une richesse inestimable par ses chants, sa sculpture, l’architecture des Temples (les Mbanjas).
Pour vous, quelle différence y a t-il entre la tradition et la culture ?
La tradition est un ensemble de rites ou de pratiques ancestrales qui permettent à un peuple de rester soudé ou encore d’entrer en contact avec ceux qui les ont précédé dans l’Au-delà. Quant à l’identité culturelle d’un peuple, il s’agit de la composante historique, linguistique et psychologique qui lui permet d’assurer sa survie, la sécurisation et la perpétuation de ses traditions ancestrales.
L'africain(e) du 21 siècle est-il/elle vraiment ancré(e) dans sa tradition et sa culture ? Si non pourquoi ?
Votre question est assez complexe. Tout d’abord permettez-moi de noter que depuis l’envahissement de Kémèt (Égypte) par Alexandre dit Legrand en 332 avant notre ère, le courant Eurocentriste et révisionniste a crée le concept de l’ « hiérarchisation des races » estimant que le Nègre (inventeur de la première écriture de l’histoire de l’humanité, constructeur des Pÿramides, inventeur des sciences et des mathématiques, de la médecine, de l’astronomie, des arts, etc.) est un « sous-homme ». En même temps, les Leucodermes (Blancs) ont entrepris de falsifier, de nier et de plagier le génie créateur négro-égyptien : c’est l’impérialisme d’abord spirituel puis culturel et enfin économique. L’aliénation culturelle a entraîné une forte « désagrégation identitaire ». Mais, lorsqu’on effectue un retour sincère et humble en Afrique noire profonde, on se rend compte que la Sagesse de nos Ancêtres a été précieusement conservée par les Anciens. Les Sociétés Secrètes Africaines constituent de puissants foyers d’expression philosophique et de « communion » avec ceux qui nous ont précédé. Nous devons urgemment abandonner le culte du diplôme savamment inoculé dans notre subconscient via l’école coloniale. Nous devons, en toute humilité, retourner auprès des Sages dans les villages pour demander le chemin à suivre. La Renaissance Africaine passe obligatoirement par une réconciliation sincère avec nos Ancêtres. En matière de spiritualité, nous n’avons aucune leçon à recevoir de l’Occident. La Francmaçonnerie, la Rose-Croix, les Stay Behing, le christianisme, l’islâm,…sont des copies de la spiritualité négro-égyptienne.
Cheikh Anta Diop disait que : « Quiconque tient l’histoire d’un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d’un peuple le contraint à vivre sous le joug d’une servitude éternelle. »
Que faut-il faire immédiatement au niveau des écoles et des villes où les parents ont cessé depuis 50 ans de véhiculer le savoir traditionnel et culturel à travers nos langues?
Il faut urgemment redéfinir le concept de l’identité culturelle (facteur historique, linguistique et psychologique). Pour moi, la solution se trouve à deux niveaux : tout d’abord chaque parent doit absolument parler sa langue aux enfants. Il doit également raconter l’histoire récente et ancienne de ses Ancêtres. Pour ce faire, il doit se ressourcer dans les ouvrages des spécialistes Africains tels que Cheikh Anta Diop (Nations Nègres et Culture, ouvrage de référence en Histoire Kamite), Baka Kaké Ibrahim, Théophile Obenga, etc. Pour les enfants, Je conseille vivement l’ouvrage de Jean-Philippe Omotunde intitulé Les Humanités Classiques Africaines pour les enfants. Apprendre en s’amusant de 4 à 14 ans et plus. Volume 1, Éditions Ménaïbuc.
Au niveau national, il faut une refonte complète des programmes scolaires axés sur notre Identité. Il est illusoire de parler de « développement » lorsqu’on ne dispense pas un enseignement qui valorise nos valeurs historiques et culturelles.
Comment peut-on qualifier ces parents là ? Se sont-ils comportés en paresseux ou par simple négligence notoire ? Que faire actuellement pour qu'ils se rattrapent ?
Le génocide culturel induit des impacts sociaux assez importants sur le long terme. Le seul reproche que je fais à l’encontre de bons nombres d’Africains du 21 ème siècle, c’est le refus de s’engager dans un processus de réappropriation de notre patrimoine culturel. Nous continuons de pointer, avec raison, un doigt accusateur sur ceux qui sont à la tête de nos Etats mais continuons de véhiculer, parfois inconsciemment, les schèmes coloniaux. Nous continuons de vivre comme cet esclave qui, une fois libéré, refuse de reconquérir la liberté individuelle et collective. Il faut abandonner le culte du diplôme et retourner auprès des Aînés pour acquérir la Sagesse. Le véritable savoir qui nous libèrera ne se trouve pas dans les universités occidentales mais auprès des Anciens.
© Camer.be : Interview réalisée par Lydie Seuleu

Afrique- Cameroun: Dr Pandey "La Renaissance Africaine par la réconciliation sincère avec nos Ancêtres"
Dr. Pandey

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