Le Sphinx de Gizeh. Ancienne empire de l'Egypte pharaonique.

Conférence TICAD Asie-Afrique

Source : www.nepad.org


Le Président propose un plan en six points pour la croissance de l’Afrique
L’élan créé par le NEPAD a abouti à des réussites identifiables. Toutefois, le continent africain se voit toujours confronté à des défis de taille, y compris l’augmentation des taux de croissance et leur maintien à moyen et long terme. Ces observations ont été présentées par le Président Obasanjo du Nigeria à la Conférence TICAD Asie-Afrique sur le Commerce et l’Investissement qui s’est tenue les 1ier et 2 novembre 2004 à Tokyo (Japon).

Le Président Obasanjo a précisé les raisons pour lesquelles l’Afrique a besoin de ressources provenant d’au moins six sources :

« Premièrement, les sources intérieures, en encourageant la production, en luttant contre le gaspillage et la corruption, en promouvant un meilleur contrôle et une meilleure gestion des ressources, en initiant des projets producteurs et en encourageant les économies.

Deuxièmement, un allégement important de la dette. Il ne fait pas de doute que si nous voulons sincèrement le développement de l’Afrique, le fardeau de la dette doit être éliminé. L’Afrique ne se développera pas et ne fera aucun progrès tant que ses maigres ressources continueront à être pompées par le service de la dette.

Troisièmement, des termes de l’échange plus avantageux, surtout de meilleurs accès aux marchés des pays industrialisés. Il nous faut davantage de commerce et non pas nécessairement plus d’aide.

Quatrièmement, le rapatriement des fonds volés et le respect des efforts de la lutte contre la corruption. J’invite nos partenaires de développement à coopérer avec nous dans l’élaboration de moyens réalistes de rembourser les fonds volés à l’Afrique.

Cinquièmement, des investissements directs à l’étranger et un meilleur soutien technologique. Ces mesures contribueront de manière importante à l’amélioration des stocks de ressources de l’Afrique, avec des implications d’une portée considérable pour le développement. Dans le contexte des réformes continues en Afrique, le continent représente un terrain très fertile et rémunérateur pour l’investissement. Il faut des gouvernements bien disposés et qui donnent un coup de main à leurs secteurs privés pour gagner leur confiance afin qu’ils investissent dans l’Afrique.

Sixièmement, bien que nous ne nous concentrions pas sur l’aide mais sur le commerce, l’Afrique continue néanmoins à avoir besoin d’une aide importante, surtout de l’aide technique dans les domaines de l’infrastructure, de la santé, de l’eau, de la technologie, de l’agriculture et de l’éducation, afin d’offrir de nouvelles opportunités et possibilités à nos populations. »

Il n’est pas de doute, a précisé le Président Obasanjo, que la performance future de l’Afrique en ce qui concerne la croissance dépend énormément de la mobilisation des ressources internes, d’un allégement sérieux de la dette, du développement des infrastructures, d’un accès plus large aux marchés des nations industrialisées, des améliorations technologiques, et du renforcement des marchés intérieurs. « Des mesures concrètes ont été prises sous la direction du NEPAD afin de hiérarchiser les priorités économiques et sociales. À cette fin, le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) a été créé dans le but de garantir que les politiques et pratiques des États participants se conforment aux valeurs, codes et normes politiques, économiques et de gouvernance d’entreprise convenus. »

Grâce à des synergies améliorées entre les processus du TICAD et du NEPAD, le commerce et les investissements du secteur privé du côté de l’Asie aideront à stimuler la croissance économique sur le continent africain, a-t-il dit. « Je suis persuadé que l’heure est venue de mettre en place un Centre Japon-Afrique pour le Commerce et l’Investissement (JATIC) qui recevrait des financements importants du Gouvernement japonais afin de forger des liens plus serrés entre l’Union Africaine et les Communautés Économiques Régionales, d’une part, et le Japon et l’Asie, d’autre part. Il serait par ailleurs nécessaire de mettre en place une Agence Africaine de Garantie pour les Investissements Multilatéraux (AMIGA) en tant que filiale de la Banque Africaine de Développement (BAD), afin d’encourager et de garantir les investissements japonais et africains dans l’axe de l’Agence de Garantie pour les Investissements Multilatéraux (MIGA) de la Banque Mondiale. « Que l’on me permette de conclure en réitérant ma conviction que des mesures de soutien énergiques conduiront à une performance économique africaine améliorée, tout en créant l’environnement nécessaire à un partenariat vigoureux et prospère entre les secteurs public et privé sur le continent, et une relation plus énergique, plus avantageux réciproquement pour l’Afrique et l’Asie. « Quant à nous autres en Afrique, nous sommes prêts. Le défi que nous lançons à nos partenaires de développement et à nos amis, c’est d’être entièrement prêts pour marcher à nos côtés. »

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